La musique contemporaine et après ?

Voici un excellent interview du musicologue Bruno Moysan.

La querelle date de 2013, quand Jérôme Ducros a lancé une vive polémique sur la question tonal vs. atonal au collège de France.

Cette analyse n’est pas simpliste, ni partisane. Elle se positionne sur un registre historique et idéologique qui a le mérite d’apporter du recul sur le sujet.

Par ailleurs, j’avoue avoir eu une réaction du même type que Bruno Moysan à la conférence de J. Ducros. Je cite B. Moysan:  » C’est peut être un des mérites de cette conférence à la fois passionnante et drôle, caustique, cruelle, beaucoup plus profonde qu’elle n’en donne l’impression au premier abord, que de nous amener à réfléchir sur ce qu’elle se refuse d’évoquer. Cette brillante et réjouissante piqûre de rappel, j’ai moi-même beaucoup ri, nous montre tout simplement, que depuis la fin du style classique, de la tonalité classique et ce jusqu’à aujourd’hui, c’est la tension entre le langage tonal et le langage atonal, beaucoup plus que le fait que le langage atonal ait vaincu au XXe siècle la tonalité sous l’effet d’on ne sait quel sens de l’Histoire, qui structure nos deux cents dernières années de musique. »

Musique contemporaine en France

Selon l’article de Makis Solomos sur les évolutions récentes de la musique contemporaine en France, il y a 4 mouvements principaux :

1) Le son : Varèse, Xenakis, Shaeffer, Heny, Bayle, Mâche, le spectral, Eloy

2) La structure : Leibowitz, Boulez, Barraqué, Amy, Nunes j’ajouterais Mantovani, Dusapin, Manoury

3) Les libertaires : Boucourechliev

4) Modernité et tradition : Messiaen, Ohana, Dutilleux, Ballif. J’ajouterais Florentz et Escaich

Je pense qu’il manque les néo-tonals : Beffa, Conesson, Campo, Bacri…

C’est en tout cas un travail intéressant et clair.

Musique : art des sons ou art des muses ?

Voici ma position assez simple sur un à-peu-près sémantique qui me gêne. On définit régulièrement la musique comme l’art des sons, en faisant une référence honorable à Rameau. C’est à peu près comme si l’on définissait la photo comme l’art des pixels ou la peinture comme l’art des couleurs. Le son est le « support physique » de la musique, ce n’est pas « la musique ». Messiaen définissait la musique comme l’art du rythme. Je suis plus à l’aise avec cette définition.
Ceci dit, il ne s’agit pas de dénigrer l’art des sons qui est une véritable discipline avec de grands artistes, de grands techniciens et d’importants festivals.
L’origine de ce glissement sémantique assez facile à expliquer. Il apparaît au moment où les lumières faisant la chasse à l’obscurantisme, font un effort louable pour donner une dimension physique aux idées et donc aux arts. Là encore la démarche est louable et il n’est pas question de discuter « les lumières ». Le problème est qu’au 18eme siècle on a eu aussi un peu tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain.
En première approche donc, pour faire de la musique et non de l’art des sons, il faut revenir à sa définition, « ce qui concerne les muses ». C’est un long programme assez différent de l’art des sons ou du langage, mais nettement plus motivant.

Mon nouveau site Web

Bonjour,

Ce jour voit la naissance de mon nouveau web.

Il s’agit donc d’un premier message. Qui sera suivi de beaucoup d’autres :). Le site est encore en chantier, donc soyez bienveillant.